Le blog de Brouillards et boussoles

Author: Gardien (page 1 of 2)

Un Monde de Brouillards et boussoles – Antépisode

Chapitire 0 – L’éveil du héro·e·s

Des cliquetis ronronnant. Une salle dorée d’où sont réfléchies les lumières des rouages. Une jeune femme se tient là.

Penchée sur un long document, la demoiselle semblait active. Ses yeux s’étendaient de droite à gauche, euh non, de gauche à droite, dans un mouvement régulier. Elle écarquillait les yeux. Les ailettes de ses narines s’agitèrent. Quelque chose la perturbait. Elle avait du mal à se concentrer. Ça ne va pas ? Non, tout va bien, pourquoi est-ce que cela n’irait pas ?

Elle marquait une pause. Sans trop de raisons, elle prit du recul sur sa situation. “Je suis contente de là où je suis, je gagne ma vie, je suis en action. Il y a plein de personnes qui rêveraient d’être à ma place. Cela ne peut qu’aller”.

Alors pourquoi cette sensation de pesanteur ? Elle devrait se sentir pleine d’énergie. Dans un rouage, bien huilé, les choses vont d’elles-mêmes, non ? Alors pourquoi cette sensation de lutte pour réaliser de simples choses ?

De droite à gauche, ah non, de gauche à droite, elle continuait sa lecture, tout en prenant des notes sur l’interface animée.

De bas en haut, ah, mais non ! De haut en bas, elle faisait la liste des informations.

Elle observa son rouage, son parcours, ses rencontres, ses accomplissements. Dans cette grosse machine grondante, une bulle bleue fit son apparition.

“BFWOUF”

Le nuage de la bulle détonante se dispersa en de milliers de petits grains, certains invisibles.

« Tindingigin »

Une clé tomba sur le sol.

Une clé qui semblait correspondre à quelques mécanismes. Impossible ! Le rouage était parfait, il ne manquait rien.

Et ces petites paillettes qui s’insinuaient petit à petit dans les différentes parties du rouage.

Elle prit la clé entre ses mains.

Une sorte de métal rond, plat, qui brillait quand elle le tournait vers elle.

Peut-être que cela pouvait se remettre quelque part ?

Elle prit le morceau dans ses mains et en chercha la provenance. Non seulement ce fut vain, dans le sens long et sans succès, mais il n’y avait pas de logique !

Cette pièce délicate, un peu perdue, était bien seule dans la machine. Sa forme, sa texture, son odeur, son reflet brut et ces petites stries n’avaient rien de semblable avec les autres morceaux. Des éléments finement forgés rendaient la pièce belle, mais ne coïncidaient pas avec le style de la machine. Elle ne s’embarrassait pas d’esthétique non productive.

Et alors qu’elle méditait sur l’objet, elle approchait du doigt la machine et toucha un morceau de paillette.

D’un coup, elle fut emportée dans des images.

Une rencontre, une impression, un parfum qui ouvraient la porte à un horizon, un possible.

Quelque chose qui chatouille, qui intrigue, qui donne envie d’en creuser les contours.

Un rêve qu’elle avait eu et qu’elle avait laissé mourir, sous prétexte de “La vie est ainsi”.

De ce pesant dans sa main, elle sentait de nouveau la soif, la faim d’être et de faire.

Elle regardait par la fenêtre. Finalement, rien le l’empêchait vraiment de sortir et d’explorer quelque chose d’autre, non ?

Mince, que ce rouage semblait laid à présent. Elle l’observait avec irritation. Certes, il l’a construite, il lui a permis d’être ce qu’elle est aujourd’hui, mais ce n’était clairement plus assez. Par cette flamme qui lui bousculait la poitrine, elle savait que les jours ne seraient plus jamais les mêmes. Elle savait et elle ne pouvait plus fermer les yeux, ou du moins qu’un temps, et que ce temps risquait de la ronger.

Ce qu’elle ne savait pas, en revanche, c’est que cette clarté lui faisait rejoindre la classe des aventurier·e·s, et qu’elle n’était plus seule !

Et vous, quel fut le moment où vous avez senti battre de nouveau l’envie dans votre poitrine et que vous avez décidé de prendre la route ?

Un monde de Brouillards et boussoles

Et si l’on commençait par l’écriture ? Et si l’on allait plus loin que s’inspirer des histoires, des contes et des légendes, jusqu’à en créer une nouvelle ? Le reste suivra bien !

La Quête de Brouillards et boussoles invite à explorer des territoires inédits, différentes aventures, avec une multitude de protagonistes. Quelle est leur histoire ? D’où viennent-ils ? Qu’affrontent-ils ? Pourquoi ?

Ouvrons une nouvelle porte et empruntons le chemin, celui de l’aventure qui mène loin, à l’horizon incertain.

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Un monde de Brouillards et boussoles

Etape 1 – Se (re)mettre en marche dans les brumes

Dans cette brume opaque, glaçante et insistante, ils étaient rassemblés.

Ils étaient arrivés, intrigués, nourris à la fois d’attentes et de vigilance, avec la flamme de l’espoir qui brillait, parfois fugace.

Nous disons « ils », mais il y a bien autant, en fait, davantage, de « elles ». Alors, utilisons « elles ».

Elles étaient des aventurières en quête de sens, chacune avec des parcours singuliers, des personnalités façonnées au grès des succès, des échecs, des rencontres, des appétences, des rejets et des choix réalisés. Toutes différentes, mais un point commun, de taille.

Elles se retrouvaient là. Face à la Tour, elles avaient répondu à l’appel de l’aventure. Elles avaient affronté cette peur, poussées par la curiosité, le défi. « Ah oui, une aventure ? Pour sortir du brouillard ? Voyons voir ! »

Cette arrivée au pied de la Tour ne s’était pas faite sans accrocs. Certaines arrivaient avec énergie, le chemin, certes, avait été long, mais plutôt clément. Pour d’autres, c’était plus difficile. Il y avait eu des épreuves, il y avait eu de la peine, des larmes et de la douleur. Elles se tenaient appuyées sur une jambe, s’accrochant à un morceau d’édifice et attendaient, plus crispées. Il y avait davantage à jouer, mais malgré ce que cela coûte, elles étaient là.

Si l’on remonte un peu plus loin, parmi toutes ces histoires, nous pouvons dessiner une convergence, un événement qui avait réveillé l’appel de l’aventure.

Pour certaines, c’était clair. C’était cette journée, cette heure, cette minute où quelque chose de particulier s’était passé, le signe d’une fin et d’un commencement.

Pour d’autres, c’était une accumulation de petites choses, de remarques, de réflexions, d’éléments du paysage qui interpellent, des évidences que l’on finit par recevoir en pleine figure. Et l’on se dit « Cette fois, j’en ai assez, il faut que ça change ».

Enfin, pour d’autres encore, c’était flou. C’était plutôt de l’ordre du doute. L’on sent que quelque chose ne va pas, mais l’on se dit « Non, je dois me faire une raison, je dois tenir, la vie n’est pas facile, c’est comme ça, il faut faire des compromis. Ce n’est pas si terrible après tout! » Et en fait, ça l’est. Le doute qui s’est installé ne se rassasie pas, il continue à nous picorer l’inconscient. Même si l’on refuse de voir les signes que la vie nous envoie, nous continuons à être attirés par ces nouveaux territoires. Ainsi, lorsque l’annonce de la Quête de Brouillards et boussoles a parcouru les tavernes, l’oreille attentive vibre de l’appel de l’aventure.

Quel a été ce moment où l’on s’est dit « Non, je ne veux plus continuer ainsi », ou encore, « Et si j’empruntais un autre chemin ? » Y a-t-il eu des tentatives ? Des échecs ? Des renoncements ?

Des sages disaient « Les grandes victoires demandent de grandes défaites, car c’est là que l’on se transcende ». La Quête s’adresse aux héro·e·s. La vie nous a éprouvés, nous avons surmonté les obstacles et sommes passées à un niveau supérieur. Nous sommes des héro·e·s !

Alors, qu’a-t-on appris dans nos défaites ? Qu’est-ce qui fait que malgré tout, nous restons sur la route ? Comment a-t-on surmonté les obstacles ? Quelles ressources a-t-on mobilisées ? Comment s’est-on forgé après cela ?

Ce sont ces questions que pouvaient se poser les aventurières au pied de la Tour. La brume leur caressait le visage, la peau frissonnait, mais l’excitation réchauffait les cœurs.

Personne ne pouvait dire où la route les mènera. C’était l’inconnu qui leur faisait face, mais il semblait moult fois préférable à rester en place. Il y aura certainement de la sueur, des peurs, des larmes, mais il semble que l’aventure en vaille la chandelle. Alors, qu’attendaient-elles, qu’espéraient-elles ?

Elles durent répondre à ces questions, un peu plus tard, face à la Petite Vieille.

Pour l’instant, les Guides étaient arrivées. Elles avaient rejoint les aventurières rassemblées au pied de la Tour puis les avaient invités à emprunter les escaliers. « Bienvenue dans la Quête de Brouillards et boussoles ! Vous êtes à la Tour de contrôle. Si vous êtes ici c’est que vous avez répondu à l’appel de l’aventure, montons au sommet pour commencer le voyage ».

Au dernier étage, dans l’antichambre du Brouillard, on sentait l’air frais qui filait à travers les grandes ouvertures sans fenêtres, offrant un point de vue époustouflant, surplombe l’horizon. Dans un coin se tenait une personne d’un âge avancé, courbée et rieuse. La Petite Vieille.

« Bienvenues voyageuses. Alors, prêtes pour le voyage ? Ce ne sera pas si facile ! Mais pas impossible… Rare est l’impossible, croyez-en ma longue expérience ! Avant de commencer et de vous confier les artefacts de Brouillards et boussoles, vous devez répondre avec honnêteté à ma question : qu’espérez-vous trouver à l’issue de Brouillards et boussoles ? »

Les voyageuses sont d’abord déconcertées, puis donnent leurs réponses.

La Petite Vieille reprit « Sachez qu’il y autant de destinations que de voyageuses. Seul l’avenir vous donnera toutes les réponses. Ici, ce n’est pas l’arrivée qui compte, mais le chemin. Et vous êtes un groupe, vous vous entraiderez dans les épreuves et vous grandirez ensemble, sur la Voie du héro·e·s. Je vous remets le Carnet et la Carte, qui vous guideront dans l’aventure. » Elle s’effaça dans l’obscurité.

Après examen de la Carte, les voyageuses se tournent vers les Guides. Ces dernières prirent la parole.

« Cette carte montre le territoire de Brouillards et boussoles. Votre première mission sera de rapporter la plante singulière. Pour cela, vous devrez parcourir le champ des Fleurs-CV, puis le champ des Fleurs cachées, puis vous irez à la rencontre des racines animées pour finir aux Feuilles du savoir. Et c’est seulement avec cette plante que vous pourrez continuer l’aventure, vous rendre au Mur-Mémoire, affronter le monstre de la Caverne, partir en exploration, et vous préparez pour sortir du brouillard. Des questions ? C’est parti ! »

« Nous allons d’abord profiter de notre hauteur pour démêler ce qui nous entoure. Observez bien la brume autour de vous. C’est votre brouillard. Comment est-il ? Plutôt dense, éparse, humide, moite, sec ? Avec des vents circulaires, horizontaux ? Homogène, hétérogène ? Dans votre carnet, sur la page de la Tour de contrôle, dessiner votre brouillard dans la première case. Une fois que c’est fait, où vous situez-vous par rapport à ce brouillard. En plein milieu, plutôt devant, car une grosse partie est dépassée, devant vous… Dessinez-vous dans ce brouillard.

Maintenant que nous avons pu désépaissir ce brouillard, nous pouvons en traverser une partie et passer à la première épreuve.

La petite troupe descendit pour s’engager à travers les brumes et se retrouva face à d’immenses fleurs colorées. Elles agitaient leurs gigantesques pétales, comme des tentacules parfumés, dans un lent et régulier mouvement de haut en bas.

La Guide reprit.

« Je vous présente les Fleurs-CV. Elles aiment les histoires, en particulier les histoires sincères. Elles s’appellent CV qui vient du latin Curriculum Vitae, qui veut dire « déroulement de la vie ». Elles nous laisseront sortir de leurs territoires si nous leur racontons nos vécus. Elles veulent connaître votre parcours, d’où vous êtes parties, et comment vous êtes arrivées jusqu’ici. Et comme les enfants, elles aiment les histoires qui commencent par « Il était une fois ». C’est plus facile de parler de l’autre, donc nous vous proposons d’abord de raconter votre parcours à un partenaire, et il se chargera de retranscrire votre histoire en commençant par « Il était une fois ». Quand vous écoutez l’autre, portez attention aux apprentissages, aux transformations et à ce qui pétille dans l’histoire que vous écoutez. Nous nous retrouvons dans un instant.

Les voyageuses se regroupèrent alors par deux et commencèrent leurs histoires. Le groupe se réunit ensuite face aux fleurs géantes. Chacune, tour à tour, présentèrent leurs acolytes en commençant par « Il était une fois ». Une fois les différentes histoires terminées, un silence suspendu se fit entendre.

Puis un léger bruissement.

Et les pétales se levèrent ! Quasiment à la verticale, le passage était libéré, en un chemin tracé.

Au bout de quelques minutes de traversée des fleurs colorées, magnifiques, les voyageuses se retrouvèrent face à d’autres végétaux. Des fleurs encore, mais plus sombres, plus biscornues, l’air triste.

« Ce sont les fleurs cachées » entama l’une des Guides. « Elles aiment aussi se nourrir des vécus, mais personne ne leur prête vraiment attention. Elles sont moins reluisantes, moins spectaculaires, donc moins entretenues, moins aimées. Et elles en souffrent ! Ces fleurs ont réellement besoin d’amour. Et pour le leur donner, il faut que nous exprimions un amour que l’on ressent en nous-même, dans le sens des fleurs cachées. Aussi, nous allons réfléchir ensemble à toutes ces choses que nous savons faire, et qui font que l’on s’aime. Ce sont des choses de la vie de tous les jours. Et elles aimeront sentir que vous partagez les unes les autres ces choses-là ! Ainsi, si vous êtes concernées, vous vous levez, en disant « Moi aussi je sais faire » et à enchaîner « Et je sais aussi…. » Et nous notons toutes les informations sur une grande feuille. »

Les voyageuses s’attelèrent à la tâche.

Les Guides brandirent la grande feuille « Ô, fleurs cachées, regardez ces voyageuses qui vous font honneur ! Nous avons toutes appris quelque chose grâce à vous ». Les Guides invitèrent alors les aventurières à exprimer haut et fort une phrase sur leur ressenti par rapport à elles-mêmes, ce que l’on compris grâce aux fleurs cachées.

Cette fois-ci, dès la dernière phrase émise, le bruissement des pétales se fit si frénétique qu’un bourdonnement de plus en plus fort résonna dans le champ ! Les voyageuses s’accrochèrent les unes aux autres, s’attendant au pire. Mais du pire s’agissait simplement la joie des fleurs cachées d’être enfin reconnues, et les pétales se levèrent pour les laisser passer.

Exaltés et confiantes dans leurs capacités, les voyageuses continuèrent leur chemin.

Les pétales avaient été si grands que les aventurières avaient peu vu le ciel. Alors, quelle ne fut pas leur surprise, à l’orée du champ, de trouver ces gigantesques racines ! Comme si elles nourrissaient l’entièreté de cette étrange forêt.

Face à ces racines, les Guides présentèrent : « Vous devez ici réfléchir à ce qui vous ancre, ce qui constitue votre socle quand vous avez des choix à faire. Dans vos carnets se trouve une liste de 10 valeurs, que vous devez classer, en silence.

Les voyageuses s’affairèrent, baignées par la bienvenue quiétude des lieux. L’une d’elles prit la parole. « Les valeurs, que sont les valeurs ? Des mots ? Des images ? Des pensées ? À certains mots nous imaginons des idées, et si elles étaient différentes de notre voisine ? » « Cela n’a vraiment pas d’importance », répondit ferment l’une des Guides. « Vous savez, les mots sont des ponts et des prétextes pour que l’on se comprenne. Si le sens est clair et assumé pour vous, alors pour nous et les racines, ce le sera aussi. » Satisfaite de cette réponse, la trépidante continua son classement.

Arrivées à un résultat acceptable, les voyageuses partagèrent leurs choix, et les impressions que générer ce partage de choix. Les Guides sourirent, puis les interrompirent. « Et si vous ne deviez en garde que deux ? Une ? Est-ce que votre classement est toujours le même ? » « Placez alors 3 ou 4 valeurs fétiches sur les racines, et attendons la suite ! » Chacune ayant rempli son carnet, les valeurs posées, en une danse boisée, les racines se soulevèrent pour former un tunnel dans lequel s’enfoncèrent les voyageuses.

La marche fut assez longue, elles en profitèrent pour prendre des nouvelles, pour observer autour d’elles, se laisser inspirer, respirer, reprendre des forces.

Puis, comme dans une curieuse bibliothèque végétale, les voyageuses s’arrêtèrent à leur prochaine épreuve.

« Ceci est la dernière épreuve de la mission de la plante singulière »

Silence.

« Les feuilles du savoir vont vous éprouver pour savoir si vous êtes prêtes à grandir, à apprendre ». Vous devrez aller consulter chacune des zones des feuilles et vous mettre en action dans la voie qui est la vôtre. »

« Premièrement, vous devez décider d’un élément professionnel sur lequel vous souhaitez grandir. Nous la nommerons compétence, mais cela peut-être une connaissance à acquérir, une attitude à adopter, un savoir-faire à maîtriser, un élément à obtenir. Cela doit être quelque chose de singulier, caractérisé, concret, qui vous tient à cœur. » Elles invitèrent les voyageuses à le noter sur un bout de papier. Ensuite, vous devez visiter chacune des zones des Feuilles du savoir : le pichet, la lampe, le pot, le pollen. »

« Avec le pichet, il s’agit de voir comment vous pouvez arroser quotidiennement ces nouvelles compétences pour les entretenir, ce sont ces choses que vous pouvez réaliser régulièrement, à votre échelle, pour vous améliorer sur ce point ».

« Avec la lampe, c’est ce vous pouvez mettre en place et qui vient de l’extérieur, l’aide ou des mécanismes que vous pouvez solliciter pour que votre compétence grandisse par elle-même »

« Avec le pot c’est combien vous choisissez de fournir à votre nouvelle compétence pour lui apporter ce dont elle a besoin, ce sont les moyens que vous leur consacrez, en temps, en argent, en énergie, de manière réaliste et bienveillante. »

« Avec la corbeille, c’est comment vous allez récolter les fruits de ces nouvelles compétences, comment vous les mesurer et vous vous offrez des récompenses »

« Avec le pollen, c’est quels projets vont pouvoir fleurir grâce à ces compétences ».

Les voyageuses s’exécutèrent puis remplirent leurs carnets.

« Bravo ! Vous avez réussi le parcours des feuilles du savoir ! Maintenant, vous devriez avoir trouvé la Plante Singulière. »

Les voyageuses étaient mal à l’aise, dans l’incompréhension. Les deux Guides se regardèrent, complices.

« En fait, la Plante singulière est en vous. Vous l’avez dessiné, pas après pas, depuis le début de l’aventure ». Et les Guides expliquèrent comment révéler la Plante singulière.

« Vous vous en êtes bien tiré ! » « Nous allons maintenant nous restaurer à l’auberge, car l’aventure n’est pas finie. Nous venons d’en accomplir une belle partie, mais d’autres péripéties vous attendent. Ne vous inquiétez pas, nous sommes là pour vous aider ! »

– Fin de la partie 1 de l’Étape 1 –

Création, biens communs et rétributions

Aujourd’hui, j’ai envie d’écrire à propos d’une réflexion sur la création.

J’aime créer. Si j’avais un revenu de base, je pense que je passerai mon temps à tenter des trucs variés, plutôt qu’à y trouver une utilité. Mais cela n’est pas encore d’actualité, alors il me faut combiner à la pensée créative une logique économique. Et parce que je suis engagée dans une démarche de biens communs, et que, de toute façon, je ne serais pas capable de produire un vrai contenu de qualité et qui touche un nombre conséquent de personnes si j’étais seule, Brouillards et boussoles est en Creative Commons. C’est un projet ouvert, open source, libre, toute personne peut le rejoindre, d’où le blog, pour partager l’évolution, les réflexions.

C’est un projet dont j’entraperçois de multiples potentiels, avec un grand nombre de déclinaisons. Et pourquoi pas un Brouillards et boussoles spécial lycéen ? (cible on ne peut plus appropriée.) Ou dans un univers Hip Hop underground ? (pour ceux qui ne sont pas transcendés par l’heroic fantasy…)

Je ne suis pas spécialiste de tout, et cela m’intéresse moins. Donc, une autre bonne raison de placer le projet sous le signe des biens communs.

De plus, l’avantage du Creative Commons est que cela permet de se focaliser sur la valeur ajoutée de l’animation, la présence, les échanges, la posture, l’humain. Les objectifs premiers ne sont pas la rentabilité mais la qualité de l’objet créé. Ce qui n’empêche pas d’en trouver une issue économique !

Enfin, vu les thèmes abordés, comme pour la question du genre et des stéréotypes, travailler dans une logique de biens communs me permet d’être congruente dans ma démarche globale.

Mais j’ai aussi une famille à nourrir, et comme dit plus haut, il n’y a pas (encore) de revenus de base.

Ainsi, comment conjuguer création, biens communs et rétributions ?

Je parle de rétributions, car l’on s’entend que les retours que je peux obtenir de Brouillards et boussoles ne sont pas nécessairement monétaires, dans la mesure où ils répondent à des besoins.

Pour réfléchir à ces questions, je me suis largement inspirée d’un atelier suivi en janvier 2017, intitulé “ESS, biens communs et propriété intellectuelle”. J’en avais produit l’infographie ci-dessous.


En présentant mon projet lors d’un atelier, certains m’ont dit “Il s’agit d’un livre blanc qui va valoriser ta prestation”.  Au début, oui, pourquoi pas.

Mais à présent que Brouillards et boussoles est davantage matérialisé sous la forme d’une journée d’animation, on ne peut plus considérer le support comme un livre blanc. En effet, son contenu est étroitement lié à l’animation, il fonctionnerait difficilement seul.

J’ai pensé à une sorte de Mooc, avec possibilité d’étendre l’apprentissage à distance à des prestations de formation ou d’accompagnement. Mais je ne suis pas assez spécialiste du numérique, donc cela sera peut-être dans un futur (non) proche. Aujourd’hui, le présentiel est indispensable pour s’immerger et créer les échanges. Cela serait alors pour une aventure supplémentaire.

Je tombais également sur ce point épineux de la cible. Des personnes qui sont bloquées professionnellement ne croulent pas, par définition, sous les revenus faramineux ! Et Brouillards et boussoles représente une très grande quantité de travail. Quant à proposer nos prestations aux associations qui accompagnement les entrepreneurs et demandeurs d’emploi, ce n’est pas vraiment la bonne période non plus pour augmenter les budgets.

Vient alors l’idée de garder deux formes, une rémunérée, par exemple auprès des entreprises, pour des salariés qui souhaitent changer de poste. Et une plus “sociale”, avec des participations libres, mais qui permettent de tester de nouvelles animations.

Grâce à Mélanie, les idées se multiplient. Nous avons également été mises en contact avec des personnes qui nous ont conseillé d’approcher des cabinets de recrutement et nous proposer en sous-traitance. Une belle piste à creuser…

Créativité, quand tu nous tiens, il n’y a de défi que tu ne peux relever !

Quatrième expérimentation : voyageuse S.

Cette quatrième expérimentation était un peu particulière.

Elle devait faire suite à l’atelier de 2h organisé pour les cheffes d’entreprises d’Egalitère.

Malheureusement, nous n’avons pas réussi à réunir le groupe, malgré des Framadate à répétition. Cela a donc été un Brouillards et boussoles en solo, en mode coaching particulier !

Je ferai ce retour brièvement, puisqu’il n’y a pas eu de grosses variations sur les activités et les lieux par rapport aux expérimentations 2 et 3.

Néanmoins, et malgré un retour globalement positif (la voyageuse S. est contente d’avoir suivi cette journée), ce n’est pas une expérience que je souhaiterais renouveler. Ou alors avec une rémunération conséquente.

A animer, seule face à une personne, l’on sent l’exigence et l’indispensable d’une tenue sans interruption de la dynamique. C’est très fatiguant. Et plutôt ingrat, car l’on ne peut canaliser toutes les attentes !

De plus, l’apport du groupe est une vraie force dans Brouillards et boussoles. Ainsi, même s’il est intéressant d’apporter un conseil super-spécialisé sur 100 % des problématiques de la personne, cela ne remplace pas le groupe. A mon sens, le projet n’est pour l’instant pas adapté à une aventure en solo. Les membres du groupe contribuent à un regard croisé, s’inspirent, partagent des expériences, fournissent des informations que peut ne pas avoir la ou les animatrices. De plus, lors des activités, les membres du groupe s’auto-régulent, se motivent, s’entraident… Indispensable ! Ce point de vue est d’ailleurs partagé avec la voyageuse S. Elle ajoute qu’entendre les témoignages, les questionnements des autres sont des portes d’entrées sur des choses auxquelles l’on n’aurait pas pensé…

De plus, pour elle, les activités étaient denses, certaines choses allaient vite, et demande du temps, de l’intégration. Par contre, elle a beaucoup aimé expérimenter des lieux et aime toujours autant la métaphore, qui permet d’entrer dans le sujet sans non plus se laisser happer par la forme.

Cela a été pour elle une énième façon de remettre l’ouvrage sur le métier, mais dans une forme innovante. L’on reprend les mêmes questions, mais autrement. Il n’y a pas eu de découvertes phénoménales, mais une manière d’aménager ces questions, de les considérer, de se les approprié différemment.

Je pense que c’est principalement pour cela que, selon moi, cette expérimentation n’est pas validée. De ce que j’entends, la voyageuse S. a été confortée dans ses choix et intuitions. C’est intéressant, d’accord, mais ce n’est pas un résultat satisfaisant. Lorsque je lui ai demandé si elle aurait payé le prix de cet atelier, elle m’a répondu non, pas le prix “fort”, mais si cela avait proposé par un réseau, une association, oui. Donc, la valeur ajoutée n’est pas assez importante.

Je recherche dans Brouillards et boussoles une expérience de transformation. Il doit y avoir un avant et un après Brouillards et boussoles. Comme dans le voyage du héros. L’on passe par des péripéties, des expériences douloureuses, des victoires, des apprentissages. L’on est plus le même à l’issue de l’aventure.

Et j’ai l’impression que pour ceux qui sont déjà avancé dans leur projet mais sont ralentis faute de ressources ou de convictions, cet effet de transformation n’est pas assez important.

Je m’étais déjà faite cette réflexion lors de la troisième expérimentation. L’une des participantes avaient aussi cette sensation d’être confortée dans ses choix, d’avoir passé une bonne journée, mais ce n’était pas non plus transcendant. Tandis que l’autre participant, qui était dans une vraie opacité de perspectives, comme les aventuriers de la deuxième expérimentation, en étaient ressortis avec une sensation de libération, de transformation, de “wouaw”.

Il y a encore de belles choses à imaginer et ce ne sont les idées qui manquent !

L’on avance sur le chemin…

Personnages, genres, cultures et stéréotypes

Lors de la réalisation du livret de Brouillards et boussoles, je me suis aperçue que la façon d’écrire et d’illustrer pouvait avoir une influence sur le public que je souhaitais atteindre. En effet, je sais que l’utilisation de certaines images, d’une certaine forme de narration, peut exclure une partie des lecteurs. Par exemple, si vous êtes une femme noire et que sur les images n’apparaissent que des hommes blancs puis que les textes n’énoncent que des phrases type “en tant que collaborateur, vous…”, et bien, il y a de fortes chances que vous ne vous sentiez pas concernée. Or, la cible que je vise pour Brouillards et boussoles est déjà restreinte : des personnes créatives qui rencontrent des difficultés dans la mise en œuvre de leur projet ou parcours professionnels. Je ne peux donc manquer personne. De plus, la proposition étant de réinventer les modes de travail, de repenser son rapport au monde et à soi, de redonner confiance et de la motivation à des personnes qui luttent peut-être déjà contre des messages qui les poussent hors de la norme sociale, il m’est essentiel d’être congruente dans les contenus produis.

Ainsi, comment écrire et dessiner pour que le support soit le plus inclusif et accessible possible ?

Tout d’abord, la narration. Grâce à la lecture d’un article sur l’écriture non sexiste, il y a déjà plus d’un an, j’ai découvert l’importance de rédiger en prenant soin de ne plus exclure le féminin de manière systématique. Par exemple, lorsque l’on dit “Un professeur est responsable de la pédagogie à l’université”, ce qui est une situation générique, on instille peu à peu dans l’esprit collectif que le professorat concerne surtout les hommes. Les exemples sont légions et il est grand temps de remettre en question ces écritures.

Alors, comment écrire ? Si vous optez pour un slash, les professeur/es, vous créez une séparation entre les genres. Un trait d’union, les professeur-e-s, par définition unit et c’est symboliquement chouette, mais certains peuvent lui reprocher sa lourdeur graphique. La parenthèse, les professeur(e)s met carrément le féminin entre parenthèse, et ce n’est pas chouette du tout.

Ainsi, j’ai opté pour le point du milieu, les professeur·e·s dont j’apprécie la légèreté, fort appréciable pour du graphisme et la neutralité. Seul inconvénient : il n’est pas sur le clavier, il suffira alors de taper alt+250 sur le clavier. Il est possible de le remplacer par un point classique, les professeur.e.s, mais ça peut perturber la lecture car il est d’abord l’indicatif de fin de phrase.

Ensuite, il ne s’agit pas que de ponctuation, il y aussi le fait de ne pas employer automatiquement les noms au masculin quand l’on souhaite désigner un groupe, de citer les deux genres, les professeurs et professeures, ou encore de féminiser les noms et titres, comme professeure (qui n’existe pas officiellement mais le sera sous peu…) Il y a encore la possibilité de créer de nouveaux mots neutres, comme iel.

De bonnes explications sur l’importance de l’écriture inclusive ici : http://www.ecrirepourleweb.com/ecriture-inclusive-langage-non-sexiste/

Et un guide sur l’écriture inclusive réalisé par l’agence de communication Mots-clés : http://www.ecriture-inclusive.fr/

Ensuite passons aux images. Grâce à l’apprentissage de la facilitation graphique, je suis consciente que les images que nous utilisons peuvent favoriser les stéréotypes et exclure des portions de la population qui ne seraient pas représentées. Il y aussi dans mon travail une part de militantisme pour la reconnaissance et le respect de la diversité humaine, j’ai ainsi poussée la réflexion sur jouer avec les stéréotypes et les inverser.

Pour commencer, la diversité… des genres, bien sûr ! Il y a trois personnages : le pèlerin, l’alchimiste et l’astrologue. Sur les images, le premier est un homme, le deuxième est une femme, lae troisième est un.e transgenre. Enfin, si l’on part du principe qu’une personne transgenre se reconnaît par son apparence, ce qui est faux, je le sais, mais je ne sais pas comment inclure par l’image les autres genres que masculin et féminin… J’aborde là mes zones d’incompétences, donc si quelqu’un veut rectifier mon ignorance, je vous en prie ! (aventure [at] brouillardsetboussoles.fr)

Puis, viennent les couleurs, les formes et les styles. Mon alchimiste est noire en mode médiéval, l’astrologue a les cheveux mi-violet et rasé sur les côté, mon pèlerin a une crête punk. Pour le tournage des vidéos correspondant, nous avons presque réussi à garder cette diversité. L’alchimiste est une amie africaine d’Ana (cf article L’origine du projet) qui est chercheuse, comme elle, et nous avons tourné en l’habillant d’un boubou et d’une blouse blanche par-dessus. Je voulais renverser les stéréotypes dans mon dessin, ne pas mettre un vieil homme blanc pour incarner la science, donc j’ai mis une jeune femme noire. Mais vous savez quoi ? Quand nous avons préparé notre “actrice” pour la vidéo, elle nous a dit “J’ai l’impression d’aller travailler, puisque je suis toujours habillée comme ça !” Ahah, les stéréotypes sont vraiment gluants.

Pour mon pèlerin, je voulais un homme d’un certain âge, et j’avais imaginé un punk pour l’aspect “sagesse brute et décalée”. Lorsque nous avons rencontré Eric au Kino de Montpellier, nous lui avons parlé du projet, il a beaucoup aimé, nous avons montré les dessins et stupéfaction ! Il avait exactement la même tête, le même type de visage que mon pèlerin ! “Il ne te manque plus que la crête”. Il soulève alors sa casquette ! Une crête cachée ! Stéréotype, nous avons dit ?

Et pour l’astrologue, je ne voulais pas d’une Madame Irma. C’est finalement la fille d’Eric qui s’est proposée pour le rôle, elle n’a pas les cheveux violet à moitié rasé, mais elle est jeune (16 ans), de longs cheveux blonds innocents, ce qui concédait déjà un bon contraste avec le cliché habituel.

Dernier point des stéréotypes d’image, je ne voulais pas que des corps fins, si ancrés dans notre imaginaire collectif. Je l’ai inclus dans ma chevalière dodue !

Ce joli article ci-dessous exprime bien ma pensée quant à la sous-représentation des corps au-dessus de la taille 40.

Le problème du modèle unique dans le monde de l’image

Au final, je m’y suis donc prise à plusieurs fois avant d’aboutir à un contenu satisfaisant. Je suis persuadée que tout travail de création possède une part de militantisme. Lorsque nous abordons ce que j’appelle les “thèmes du nouveau monde” (avoir un travail épanouissant et porteur de sens, égalité des femmes et des hommes à la maison comme au travail, des entreprises et institutions qui relâchent le contrôle pour donner le pouvoir à tous ceux qui les constituent…) notre responsabilité de créateur devient plus importante encore. Car à la parole, nous devons ajuster nos actes pour emmener avec nous ceux qui croient en nos rêves.

Image : http://www.interelles.com/non-classe/actes-complets-du-colloque-2014

Deuxième expérimentation : le retour de Mélanie

J’ai eu la grande joie d’accueillir Mélanie lors de la deuxième expérimentation. Non seulement sa créativité et son sens de la rigueur m’ont beaucoup stimulée (il faut tenir, face à autant d’exigence de qualité !) mais en plus j’ai gagné une formidable partenaire.

Joli jeu du hasard, dans le projet de Mélanie, il y a l’accompagnement des personnes de manière créative.

“Il me faudrait un projet pour exprimer mes talents” “Euh, tu ne veux pas t’occuper de Brouillards et boussoles avec moi ? J’ai besoin de monde !” Et voilà, ce n’est plus que moi, c’est Mélanie et moi pour porter Brouillards et boussoles (avec tous ceux passés, présents et futurs qui apportent leur si précieuse contribution !)

Des qualités de pédagogue, une forte expérience avec les enfants, les techniques Montessori, l’animation d’ateliers et une superbe créativité acidulée, Mélanie était la partenaire rêvée ! Qui a dit que le cosmos ne nous donnait pas des coups de main des fois ?

Mais revenons aux retours sur la deuxième expérimentation.

Les éléments les plus marquant ?

  • La carte-plan, Mélanie l’a regardée tous les jours pendant un mois (et m’a donné envie d’actualiser la mienne, ça fait un bien fou !)
  • C’est bien que la carte-plan soit sous ce format, hors du livret (nb: un quart de paperboard), cela ajoute un artefact. A l’intérieur du livret, en A4, cela serait trop petit et moins puissant.
  • Le fait d’avoir les retours des autres lorsque l’on parle de son voyage d’exploration, c’est un feed-back qui fait une grande différence sur notre ressenti et ce que l’on apprend/découvre dans les exercices.

Des éléments à améliorer ?

  • Les racines à faire le matin, de façon à réaliser toute la plante sur une demi-journée, en une fois
  • L’avatar, voir comment s’en servir, ou s’en passer
  • Le brise-glace, il manque quelque chose de physique
  • Le storytelling (nb : les fleurs-CV), il faut bien régler la présentation car le timing est serré.
  • Pourquoi pas incarner les personnages avec des objets (vestes d’aviateurs, vraies boussoles…)
  • Le feuilles du savoir, les questions n’étaient pas faciles à comprendre
  • Dans le livret, ajouter des oppositions : qualités/défauts, ce que j’aime/n’aime pas, ce que je veux/ne veux pas, ajouter une épreuve (par exemple, le dragon), faire l’élagage de l’arbre de ces projets, les renoncements nécessaires.

Wouahou ! Que de retours et d’idées d’améliorations ! Cela vaut le coup de prendre un vrai temps pour avoir le retour des participants (ou “utilisateurs” si l’on parle de Design Thinking) pour travailler sur son projet.

Merci Mélanie ! Une belle collaboration s’annonce !

Deuxième expérimentation : la Guilde des Eclaireurs

Cette belle aventure a eu lieu sur une journée le 29 mai 2017.
A la base, je souhaitais organiser le premier parcours complet de Brouillards et boussoles sur deux demi-journées. Je pensais qu’il serait plus facile pour les participants de se libérer et cela évitait de débourser des frais pour le repas du midi. Mais les seuls double créneaux étaient sur une journée, et c’était mieux ! L’immersion était plus intense, et en une journée nous avions vécu et conclu l’aventure.

Je reste quand même étonnée sur les difficultés de se faire retrouver quatre personnes, en particulier des personnes qui n’ont pas d’activités professionnelles denses (mais nous avons tous une vie, hein, hop, un stéréotype !) C’est une situation qui s’est retrouvé pour les autres expérimentations et la prochaine de septembre à venir. Je n’ai pas encore résolu cette question : comment simplifier l’organisation des ateliers ?  Suggestions bienvenues !

Revenons à cette journée du 29 mai.

J’avais donc quatre aventuriers, trois femmes, un homme. Parfait. J’apprécie toujours d’avoir des groupes mixtes, les apports sont toujours intéressants. Les profils étaient variés, mais très proche de ma cible, c’est-à-dire dans un brouillard assez opaque d’un point de vue professionnel : sans activité du tout avec quelques idées, plusieurs idées mais qui n’aboutissent pas, des pistes qui ont commencé à émerger mais ce n’est pas encore claire, des parcours en rebonds qui ont tendance à se disperser.

Je n’avais pas scénarisé toute la journée, par manque de temps mais aussi pour laisser place à l’improvisation. L’ensemble a fonctionné ! Bien sûr, des points à améliorer, mais un voyage qui a abouti.

Tout a commencé lors de la rencontre des voyageurs aux Imaginations fertiles à Toulouse. Le rendez-vous était fixé à 9h, au showroom, c’est-à-dire l’espace ouvert derrière les bureaux de coworking et salles de réunions.

J’ai commencé mon introduction en gardant en tête les conseils de mon ami Alexandre, nous sommes là pour vivre une aventure traitant des projets et parcours professionnels, c’est une expérimentation, nous allons entrer dans l’aventure. J’ai proposé un premier brise-glace, chacun doit se présenter en piochant une carte de Dixit, avec la notion d’avatar en survol, cela a amené quelques échanges.

Puis..

“Bonjour voyageurs ! Vous êtes entrés dans l’aventure de Brouillards et boussoles !” avec intonations et mimiques de circonstances.

J’ai alors entamé la rencontre avec la petite vieille à la Tour de contrôle: “Qui êtes-vous, que voulez-vous ?”

“Nous sommes des chercheurs un peu perdus.” “Nous savons ce que nous ne voulons pas” “Nous avons des idées, mais nous n’arrivons pas à les faire sortir”. “Nous cherchons des conseils sur les endroits où aller”. “On veut explorer des trucs”.

Par cette question, je souhaitais amener les participants à réfléchir en tant que groupe, ils doivent en effet se mettre d’accord sur comment se définir. Mais j’attends surtout qu’ils formulent leurs attentes et objectifs vis-à-vis de l’aventure de Brouillards et boussoles. Ce n’est pas encore parfait, mais l’idée est là.

Puis, les exercices du brouillard, la remise de la carte et la mission : vous devez ramener la Plante Singulière. De mes enseignements sur la scénarisation, j’avais ajouté cette requête, la Plante Singulière. Cela m’était venu en tête pour le principe de créer une motivation, un challenge et de fournir une continuité sur la première partie des exercices.

Brouillards et boussoles – Expérimentation du 29 mai 2017, la carte

A noter que la carte a encore produit son petit effet, et me permet de m’entraîner à l’utilisation des markers spécial facilitation graphique !

Toujours aux If, nous avons continué sur les ateliers des fleurs CV et des fleurs cachées. Rien de spécial à commenter de mon côté. Je sens que ces éléments sont pertinents mais je ne suis pas encore complètement satisfaite de l’animation. Pour l’instant, cela fonctionne, mais j’attends une meilleure inspiration.

Ensuite, j’ai emmené ce beau monde dans mon carrosse, pour une dépose près du lac de la Paderne, à Tournefeuille. Une marche agréable, un commentaire sur la flore : “Finalement nous sommes aussi de belles plantes”, énonçais-je, “comme les grandes feuilles que nous voyons là, et justement, notre prochain exercice s’appelle ‘les feuilles du savoir’ !”

Je lisais dans les yeux des participants ce petit pétillement de surprise et de joie, semblant me dire “Ah ! Tu nous as bien eu, c’est chouette”.

Je pense que l’une des forces de Brouillards et boussoles est justement ces effets de mise en scène. En tout cas, je compte m’y appliquer avec soin et prends plaisir à pousser les détails.

Cet exercice réalisé, nous nous sommes dirigés vers la maison familiale où ma mère nous avait préparé un festin de roi, incluant des plats vegan et sans gluten. Merci encore !

Sustentés ainsi, nous sommes montés à l’étage pour la partie créative. Il aurait fallu à ce moment un energizer pour relancer l’attention en cette période post-repas, mais ce n’est pas vraiment mon fort. Nous avons donc simplement continué avec l’activité sur les dessins de nos hauts faits. Nous avons ensuite enchaîné sur les racines et les cartes valeurs, n’utilisant pas la partie balade inspirée puisque je sentais le temps filer.

Nous avions alors fini les exercices de la première partie de Brouillards et boussoles.

Vint alors l’annonce (ATTENTION, SPOILER !) :

Spoiler

“Je vous avez dit que nous devions aller chercher la Plante Singulière, mais en fait, vous l’avez déjà ! La plante singulière, c’est vous ! Vous n’avez qu’à la découvrir, en assemblant les pages du livret comme suit”. Hop, un peu de manipulation, et les Plantes sont apparues sous nos yeux.

Brouillards et boussoles – Expérimentation du 29 mai 2017, la Plante Singulière

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Ensuite, nous nous sommes dirigés vers l’Utopia de Tournefeuille, dans son décor délicieusement baroque, où il est possible de s’installer dans les canapés confortables ou autour des grandes tables massives, et de commander à boire, ou non. Un cadre parfaitement accueillant pour Brouillards et boussoles !

De là, nous avons réalisé les voyages d’exploration, construit la Carte-Plan et réalisé les préparatifs de voyage. Ce n’était pas la première fois que je tentais cette animation de la carte-plan, c’est-à-dire de représenter sous forme d’îles, de continents, avec des routes, des forêts, des villes, les différents champs de son activité professionnelle. J’avais opté cette fois pour une nouvelle méthodologie, et formidable, cela a bien marché ! Grâce à l’entraide au sein du groupe et quelques conseils, de magnifiques cartes, toutes en visuels et en métaphores ont éclos. Là encore, l’effet était au rendez-vous.

A 16h55, nous avions terminé l’aventure. Nous avons conclu ce moment passé ensemble par des engagements en binôme. Chacun devait énoncer une action à mettre en place dans le mois qui suit, et le binôme sera là pour aider, motiver et rappeler !

Enfin, pour l’amélioration du projet, j’ai sollicité mes voyageurs pour des retours sur cette incroyable journée.

“J’ai apprécié le formation sur une journée, cela a apporté une vraie cohésion”

“La métaphore fonctionne, la carte m’a beaucoup impressionné. L’histoire est bien mais au bout d’un moment, il n’y en a plus, et l’on ne sert pas de l’avatar”.

“J’ai beaucoup aimé que tout soit amené en douceur, et que les exercices fonctionnent en miroir, sur l’instant”.

“J’en garde des choses, j’ai eu des éléments nouveaux, alors que j’ai déjà suivi des ateliers pour faire le point sur ma situation professionnelle”.

“Il m’a manqué des exercices pour identifier là où l’on est pas bon, et qu’il faut abandonner”

Merci beaucoup voyageurs, vous êtes les premiers de, je l’espère, une longue lignée, bonne route à tous !

Conseils suite à la première expérimentation et réflexions sur l’avatar

J’ai retrouvé mon ami Alex pour lui faire part des réussites et échecs rencontrés lors de la première expérimentation.

En particulier l’avatar. Des idées pour rendre cela plus facile ?

“Il faut quelque chose de déjà fait, comme dans le jeu Oltrée. Il y a un jeu de cartes avec une grande variété d’images de personnages, les personnes choisissent un visuel et les mots-clés écrits derrière, et cela construit le personnage.”

Mmh, bonne idée ! Seulement, je ne peux juste photocopier les personnages ! Cela représente donc un travail conséquent, non prioritaire pour l’instant mais je garde l’idée. Aussi, je me pose la question de la pertinence des mots-clés. Vous pouvez piochez une carte car le visuel vous plaît mais ne pas vous retrouver dans les mots-clés, n’est-ce pas ?

De plus, je m’interroge sérieusement sur l’intérêt de l’avatar. L’aventure est dense, lors des deux heures avec les cheffes d’entreprises, j’ai accompli bien moins que prévu, pourquoi alors ne pas carrément enlever cette partie ?

J’aime bien le concept de l’avatar, qui permet de créer un Surmoi et de transposer nos rêves et nos envies dans les actions et pensées d’un personnage. Ce personnage-là a des qualités que l’on souhaite pour nous-mêmes, et au final, nous le devenons un peu aussi.

Mais pour Brouillards et boussoles est-ce pertinent ? Car nous ne sommes pas dans des considérations fictives. L’univers est fictif, mais les activités concernent la vraie vie, son parcours, ses compétences, ses aspirations, ainsi quelle est la place de l’avatar ? Nous avons notre apparence, cela devient compliqué de penser à soi, son parcours, ses projets, si nous incarnons un personnage qui ne nous ressemble pas.

Néanmoins, j’aime beaucoup l’idée de se donner un titre, un personnage. Cela permet de se dire, par exemple, dans la vraie vie “voyons que ferait la guerrière rebelle dans cette situation ?” Et je trouve que cette ajout littéraire esthétique possède un certain charme.

Pour en avoir le cœur net, j’ai sollicité les conseils d’un autre ami Fabrice Hoff, formateur spécialisé dans le jeu et également rôliste. Des idées pour l’avatar ?

“Tu pourrais utiliser une tablette et un fichier excel, en proposant aux participants de choisir 3 mots-clés parmi une liste définie en amont. Par exemple, ‘courage’, ‘rapidité’, ‘musique’, et avec des titres que tu auras créer toi-même en amont issues de toutes les combinaisons possibles, cela donne un titre cohérent, comme ‘ménestrelle filante'”.

Mmh, bonne idée aussi ! Un travail moins long, mais quand même conséquent. Je pense donc laisser l’avatar pour l’instant, tester sans, et revenir à cette piste si je sens un manque.

Une dernière chose. J’ai demandé à Alexandre aussi de m’éclairer sur la place du Maître du jeu dans l’histoire et l’intérêt de lui donner un personnage. Au début, je me nommais en effet “Gardien”, ou “Guide” quand j’animais la séquence. Mais, outre le fait que ce n’était pas évident à tenir, j’ai senti également un manque de cohérence quand je devais incarner les autres personnages. Réponse sans appel : “Le Maître du jeu est tous les personnages à la fois, il n’a pas d’avatar”. Bien noté !

Merci les gars pour vos conseils, à bientôt !

Image : par le Grümph, https://www.casusno.fr/viewtopic.php?t=25293

Première expérimentation : la Guilde des voyageuses réunies

Le 11 mai dernier, grâce au réseau Egalitère et ses ateliers de renforcement de compétences, j’ai pu tester pour la première fois un atelier Brouillards et boussoles !

Le format sur deux heures m’a donné quelques nœuds au cerveau car se posait la question : comment s’inscrit ce type d’ateliers par rapport au parcours complet ? Si l’on poursuit la métaphore, est-ce une réunion d’aventuriers ? Une pré-quête ? Une initiation ? Finalement, j’ai opté pour l’adage KISS, c’est-à-dire Keep It Simple Stupid !

Donc j’ai opté pour simplement utiliser ces deux heures pour réaliser les premiers exercices du parcours, en voyant déjà ce que l’on arrive à parcourir sur cette durée.

Deux photos de l’ateliers. Il y avait cinq voyageuses et moi,

Nous avons pris un peu de retard sur l’atelier et j’ai pris du temps pour présenter ma démarche, expliquant que c’est un projet en expérimentation et que je n’ai pas prévu de timing précis, simplement utiliser l’outil et voir ce qui se passe !

Mon objectif était de tester le concept, c’est-à-dire utilisation d’un univers narratif accompagné d’une animation et basé sur un support graphique pour aborder les projets et parcours professionnels.

Premier grand retour : cela fonctionne ! L’émerveillement, la prise au jeu, les échanges, les réflexions… L’univers porte avec intérêt les participants qui travaillent de manière efficace sur leurs projets. Les retours :

Qu’es-ce qui a fonctionné ?

“J’ai apprécié la métaphore, la distanciation, les questions, les formulations. Cela me donnait de la liberté, de la lucidité, comme un sas pour décrocher de la réalité.”

” La métaphore donne un accès à d’autres choses auxquelles on n’aurait pas eu accès sinon. On a l’impression de s’en éloigner mais en fait on travaille directement dessus.”

“C’est une forme de synthétisation qui permet d’aller à l’essentiel”.

“Cela m’a fait réfléchir, c’était efficace”

“Quand j’ai vu la carte, le support, je me suis dit “Wouaw, c’est ça !” et on entre dans le jeu ensemble.”

Qu’est-ce qui pourrait mieux fonctionner ?

“La demande à l’univers est difficile, c’est l’aboutissement d’une réflexion et là on nous le demande en début de quête. Cela devrait plutôt être en fin de parcours.”

“Le début est difficile, devoir choisir deux cartes et définir son avatar quand on est pas branché jeux de société, je me sentais démunie, sans voix.”

“L’avatar est une étiquette, il pourrait y avoir d’autres références culturelles, comme les 1001 nuits”

“Il faudrait retrouver l’avatar plus tard, que cela serve à quelque chose. Aussi, la partie sur le CV était court, j’aurais aimé plus de temps. J’ai pas vu le pétillant”.

Par rapport à l’avatar, c’est vrai qu’il me donne du fil à retordre ! Autant c’est un élément indispensable du jeu de rôle, autant je ne vois pas comment cela entre en cohérence avec Brouillards et boussoles. Je pense à le supprimer, ou à en faire une version super légère. J’ai quelques idées en tête mais qui demanderaient un temps de réalisation assez long, alors je le pose sur le côté pour l’instant…

En tout cas, cette première expérience m’a donné confiance en mon intuition et les idées, vivement la prochaine !

 

Interview d’Alexandre, Maître du jeu

Brouillards et boussoles s’inspire du jeu de rôle pour la méthode d’animation et la constitution de l’univers.

Puisque je n’en ai que quelques expériences (et c’était il y a longtemps), je suis allé rencontrer mon ami Alexandre, ferronnier-cuisinier et Maître du jeu. Voici une retranscription synthétisé de notre échange.

F : Tout d’abord, peux-tu m’indiquer quels univers de jeu de rôle tu pratiques ?

A : J’officie dans des jeux de rôle de moderne-contemporain, d’héroïc fantasy et d’enquête, type Chtulu au début du siècle.

F : Est-ce que tu travailles sur des scénarios existants ou tu construits tes propres scénarios, et si oui comment ?

A : Je travaillais beaucoup sur des scénarios existants en ajoutant mes propres variantes. Il y a un excellent livre sur la narration qui indique les 12 clés sur lesquelles sont construites toutes les légendes, Le Guide du Scénariste, la force d’inspiration des mythes pour l’écriture cinématographique et romanesque, de Christophe Volger. On y retrouve par exemple la figure du mentor, la composition de l’équipe et la présence des antagonistes.

Aujourd’hui, je m’intéresse à de nouveaux types de jeux de rôle : les jeux de rôle participatifs, dans lesquels les joueurs composent leurs propres histoires. Le Maître du jeu ne fait qu’arbitrer le jeu (NDLR : je pense que le terme “faciliter” correspond parfaitement).

C’est le principe du jeu bac à sable, comme Minecraft. Les joueurs explorent le monde, et tout est basé sur de l’improvisation. C’est à l’opposé de ce qui se fait dans des jeux comme “Donjons et dragons” où les joueurs devaient suivre un itinéraire très précis et il n’y avait aucune alternative possible.

Dans le jeu Oltrée, celui qui a innové en proposant le jeu de rôle participatif, le Maître du jeu définit l’environnement, la touche, le parfum de l’univers. C’est un travail de description pure. Tout l’enjeu consiste ensuite à canaliser les joueurs pour les faire avancer, pour garder néanmoins la notion de rythme, d’aventure. Simplement, il va leur donner le choix : souhaitez-vous explorer le monde ? Rencontrer des personnages ? L’histoire se dessine en fonction de ce que les joueurs vont rechercher et de comment le Maître du jeu va les rattacher à l’histoire. Il peut reprendre la main de temps en temps pour leur apporter ce dont ils ont envie. Il va au fur et à mesure retransmettre les goûts, les couleurs, dire si c’est sombre, humide… En bref, il s’agit de retourner à notre pouvoir d’imagination comme dans notre enfance!

En bref, un jeu de rôle scénarisé permet de savoir où tu vas, mais c’est beaucoup plus d’efforts. Un jeu de rôle participatif amène ce dont les joueurs ont envie et c’est basé sur l’improvisation.

Quelles sont pour toi les clés du succès d’un jeu de rôle ?

Il faut :

  • Une description cohérente de l’univers, définissant les 5 sens, pour que les joueurs s’immergent.
  • Une bonne histoire, avec une dose d’action, une dose de sentiment, un renversement de situation, des méchants et une récompense.
  • Du ludique, avec du jeu, il faut intéresser les joueurs, faire des blagues, surprendre, faire des actions qui ratent, titiller l’envie.

Egalement, je me sers de la musique pour souligner l’action. En supprimant la vue, on développe l’imagination. Attention, il ne faut pas de musique connue ! Sinon, tu enfermes les joueurs dans des représentations connues. Il vaut mieux aller sur des sites comme Archives.org et DigCCMixter. Tu peux aussi utiliser la musique pour faire des contrepoints musicaux, avec par exemple une musique joyeuse sur la description d’un lieu lugubre, pour réveiller, créer un effet, une ambiance.

C’est bien aussi de donner un support physique, comme un livre, un parchemin, un objet. Cela permet de rattacher à la réalité, cela donne de la consistance à l’univers pour le joueurs. Par exemple “un coursier se présente à vous et vous remet une lettre”, et tu donnes une vraie lettre !

Il y a un PDF très bien fait qui peut aider, le Manuel pratique du jeu de rôle, c’est gratuit et fait par la Fédération Française du Jeu de Rôle.

Il faut que ton histoire ne soit pas trop attendue. Je vais te donner un exemple. Dans la série “Game of Thrones”, on ne sait pas à quoi s’attendre, beaucoup de revirements de situation, de personnages principaux qui meurent, cela nous surprend et on on veut savoir la suite. A l’inverse, dans la série “Vikings”, on voit ce qui va arriver, on sent arriver les actions, comme par hasard, il y a une princesse, donc elle va finir avec le héros ! Dans Game of Thrones, comme dès le début, il n’y a plus de personnages principaux, alors il n’y a plus de ligne tracée. C’est le monde lui-même qui devient le héros.

Est-ce que tu aurais un dernier truc, astuce à me donner pour faire entrer les joueurs dans l’univers ?

C’est de placer un maximum d’éléments dans l’histoire. Par exemple, au lieu de dire aux joueurs avant le début du jeu “Choisissez un nom d’équipe”, tu leur fais rencontrer une personne qui leur dit “Qui êtes-vous ?”. C’est alors dans la situation qu’ils doivent se mettre d’accord et du coup donner une réponse.

De plus, c’est très important, avant de commencer le jeu, de poser les bases, d’avoir un temps hors de l’univers. “Nous allons à jouer à ça, les règles du jeu sont celles-ci, vous pouvez faire ça…” Et ensuite tu entres dans l’univers.

Merci beaucoup Alex !

 

 

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