Aujourd’hui, j’ai envie d’écrire à propos d’une réflexion sur la création.

J’aime créer. Si j’avais un revenu de base, je pense que je passerai mon temps à tenter des trucs variés, plutôt qu’à y trouver une utilité. Mais cela n’est pas encore d’actualité, alors il me faut combiner à la pensée créative une logique économique. Et parce que je suis engagée dans une démarche de biens communs, et que, de toute façon, je ne serais pas capable de produire un vrai contenu de qualité et qui touche un nombre conséquent de personnes si j’étais seule, Brouillards et boussoles est en Creative Commons. C’est un projet ouvert, open source, libre, toute personne peut le rejoindre, d’où le blog, pour partager l’évolution, les réflexions.

C’est un projet dont j’entraperçois de multiples potentiels, avec un grand nombre de déclinaisons. Et pourquoi pas un Brouillards et boussoles spécial lycéen ? (cible on ne peut plus appropriée.) Ou dans un univers Hip Hop underground ? (pour ceux qui ne sont pas transcendés par l’heroic fantasy…)

Je ne suis pas spécialiste de tout, et cela m’intéresse moins. Donc, une autre bonne raison de placer le projet sous le signe des biens communs.

De plus, l’avantage du Creative Commons est que cela permet de se focaliser sur la valeur ajoutée de l’animation, la présence, les échanges, la posture, l’humain. Les objectifs premiers ne sont pas la rentabilité mais la qualité de l’objet créé. Ce qui n’empêche pas d’en trouver une issue économique !

Enfin, vu les thèmes abordés, comme pour la question du genre et des stéréotypes, travailler dans une logique de biens communs me permet d’être congruente dans ma démarche globale.

Mais j’ai aussi une famille à nourrir, et comme dit plus haut, il n’y a pas (encore) de revenus de base.

Ainsi, comment conjuguer création, biens communs et rétributions ?

Je parle de rétributions, car l’on s’entend que les retours que je peux obtenir de Brouillards et boussoles ne sont pas nécessairement monétaires, dans la mesure où ils répondent à des besoins.

Pour réfléchir à ces questions, je me suis largement inspirée d’un atelier suivi en janvier 2017, intitulé “ESS, biens communs et propriété intellectuelle”. J’en avais produit l’infographie ci-dessous.


En présentant mon projet lors d’un atelier, certains m’ont dit “Il s’agit d’un livre blanc qui va valoriser ta prestation”.  Au début, oui, pourquoi pas.

Mais à présent que Brouillards et boussoles est davantage matérialisé sous la forme d’une journée d’animation, on ne peut plus considérer le support comme un livre blanc. En effet, son contenu est étroitement lié à l’animation, il fonctionnerait difficilement seul.

J’ai pensé à une sorte de Mooc, avec possibilité d’étendre l’apprentissage à distance à des prestations de formation ou d’accompagnement. Mais je ne suis pas assez spécialiste du numérique, donc cela sera peut-être dans un futur (non) proche. Aujourd’hui, le présentiel est indispensable pour s’immerger et créer les échanges. Cela serait alors pour une aventure supplémentaire.

Je tombais également sur ce point épineux de la cible. Des personnes qui sont bloquées professionnellement ne croulent pas, par définition, sous les revenus faramineux ! Et Brouillards et boussoles représente une très grande quantité de travail. Quant à proposer nos prestations aux associations qui accompagnement les entrepreneurs et demandeurs d’emploi, ce n’est pas vraiment la bonne période non plus pour augmenter les budgets.

Vient alors l’idée de garder deux formes, une rémunérée, par exemple auprès des entreprises, pour des salariés qui souhaitent changer de poste. Et une plus “sociale”, avec des participations libres, mais qui permettent de tester de nouvelles animations.

Grâce à Mélanie, les idées se multiplient. Nous avons également été mises en contact avec des personnes qui nous ont conseillé d’approcher des cabinets de recrutement et nous proposer en sous-traitance. Une belle piste à creuser…

Créativité, quand tu nous tiens, il n’y a de défi que tu ne peux relever !