Cette quatrième expérimentation était un peu particulière.

Elle devait faire suite à l’atelier de 2h organisé pour les cheffes d’entreprises d’Egalitère.

Malheureusement, nous n’avons pas réussi à réunir le groupe, malgré des Framadate à répétition. Cela a donc été un Brouillards et boussoles en solo, en mode coaching particulier !

Je ferai ce retour brièvement, puisqu’il n’y a pas eu de grosses variations sur les activités et les lieux par rapport aux expérimentations 2 et 3.

Néanmoins, et malgré un retour globalement positif (la voyageuse S. est contente d’avoir suivi cette journée), ce n’est pas une expérience que je souhaiterais renouveler. Ou alors avec une rémunération conséquente.

A animer, seule face à une personne, l’on sent l’exigence et l’indispensable d’une tenue sans interruption de la dynamique. C’est très fatiguant. Et plutôt ingrat, car l’on ne peut canaliser toutes les attentes !

De plus, l’apport du groupe est une vraie force dans Brouillards et boussoles. Ainsi, même s’il est intéressant d’apporter un conseil super-spécialisé sur 100 % des problématiques de la personne, cela ne remplace pas le groupe. A mon sens, le projet n’est pour l’instant pas adapté à une aventure en solo. Les membres du groupe contribuent à un regard croisé, s’inspirent, partagent des expériences, fournissent des informations que peut ne pas avoir la ou les animatrices. De plus, lors des activités, les membres du groupe s’auto-régulent, se motivent, s’entraident… Indispensable ! Ce point de vue est d’ailleurs partagé avec la voyageuse S. Elle ajoute qu’entendre les témoignages, les questionnements des autres sont des portes d’entrées sur des choses auxquelles l’on n’aurait pas pensé…

De plus, pour elle, les activités étaient denses, certaines choses allaient vite, et demande du temps, de l’intégration. Par contre, elle a beaucoup aimé expérimenter des lieux et aime toujours autant la métaphore, qui permet d’entrer dans le sujet sans non plus se laisser happer par la forme.

Cela a été pour elle une énième façon de remettre l’ouvrage sur le métier, mais dans une forme innovante. L’on reprend les mêmes questions, mais autrement. Il n’y a pas eu de découvertes phénoménales, mais une manière d’aménager ces questions, de les considérer, de se les approprié différemment.

Je pense que c’est principalement pour cela que, selon moi, cette expérimentation n’est pas validée. De ce que j’entends, la voyageuse S. a été confortée dans ses choix et intuitions. C’est intéressant, d’accord, mais ce n’est pas un résultat satisfaisant. Lorsque je lui ai demandé si elle aurait payé le prix de cet atelier, elle m’a répondu non, pas le prix “fort”, mais si cela avait proposé par un réseau, une association, oui. Donc, la valeur ajoutée n’est pas assez importante.

Je recherche dans Brouillards et boussoles une expérience de transformation. Il doit y avoir un avant et un après Brouillards et boussoles. Comme dans le voyage du héros. L’on passe par des péripéties, des expériences douloureuses, des victoires, des apprentissages. L’on est plus le même à l’issue de l’aventure.

Et j’ai l’impression que pour ceux qui sont déjà avancé dans leur projet mais sont ralentis faute de ressources ou de convictions, cet effet de transformation n’est pas assez important.

Je m’étais déjà faite cette réflexion lors de la troisième expérimentation. L’une des participantes avaient aussi cette sensation d’être confortée dans ses choix, d’avoir passé une bonne journée, mais ce n’était pas non plus transcendant. Tandis que l’autre participant, qui était dans une vraie opacité de perspectives, comme les aventuriers de la deuxième expérimentation, en étaient ressortis avec une sensation de libération, de transformation, de “wouaw”.

Il y a encore de belles choses à imaginer et ce ne sont les idées qui manquent !

L’on avance sur le chemin…