Et si l’on commençait par l’écriture ? Et si l’on allait plus loin que s’inspirer des histoires, des contes et des légendes, jusqu’à en créer une nouvelle ? Le reste suivra bien !

La Quête de Brouillards et boussoles invite à explorer des territoires inédits, différentes aventures, avec une multitude de protagonistes. Quelle est leur histoire ? D’où viennent-ils ? Qu’affrontent-ils ? Pourquoi ?

Ouvrons une nouvelle porte et empruntons le chemin, celui de l’aventure qui mène loin, à l’horizon incertain.

———————————————————————————————————————-

Un monde de Brouillards et boussoles

Etape 1 – Se (re)mettre en marche dans les brumes

Dans cette brume opaque, glaçante et insistante, ils étaient rassemblés.

Ils étaient arrivés, intrigués, nourris à la fois d’attentes et de vigilance, avec la flamme de l’espoir qui brillait, parfois fugace.

Nous disons « ils », mais il y a bien autant, en fait, davantage, de « elles ». Alors, utilisons « elles ».

Elles étaient des aventurières en quête de sens, chacune avec des parcours singuliers, des personnalités façonnées au grès des succès, des échecs, des rencontres, des appétences, des rejets et des choix réalisés. Toutes différentes, mais un point commun, de taille.

Elles se retrouvaient là. Face à la Tour, elles avaient répondu à l’appel de l’aventure. Elles avaient affronté cette peur, poussées par la curiosité, le défi. « Ah oui, une aventure ? Pour sortir du brouillard ? Voyons voir ! »

Cette arrivée au pied de la Tour ne s’était pas faite sans accrocs. Certaines arrivaient avec énergie, le chemin, certes, avait été long, mais plutôt clément. Pour d’autres, c’était plus difficile. Il y avait eu des épreuves, il y avait eu de la peine, des larmes et de la douleur. Elles se tenaient appuyées sur une jambe, s’accrochant à un morceau d’édifice et attendaient, plus crispées. Il y avait davantage à jouer, mais malgré ce que cela coûte, elles étaient là.

Si l’on remonte un peu plus loin, parmi toutes ces histoires, nous pouvons dessiner une convergence, un événement qui avait réveillé l’appel de l’aventure.

Pour certaines, c’était clair. C’était cette journée, cette heure, cette minute où quelque chose de particulier s’était passé, le signe d’une fin et d’un commencement.

Pour d’autres, c’était une accumulation de petites choses, de remarques, de réflexions, d’éléments du paysage qui interpellent, des évidences que l’on finit par recevoir en pleine figure. Et l’on se dit « Cette fois, j’en ai assez, il faut que ça change ».

Enfin, pour d’autres encore, c’était flou. C’était plutôt de l’ordre du doute. L’on sent que quelque chose ne va pas, mais l’on se dit « Non, je dois me faire une raison, je dois tenir, la vie n’est pas facile, c’est comme ça, il faut faire des compromis. Ce n’est pas si terrible après tout! » Et en fait, ça l’est. Le doute qui s’est installé ne se rassasie pas, il continue à nous picorer l’inconscient. Même si l’on refuse de voir les signes que la vie nous envoie, nous continuons à être attirés par ces nouveaux territoires. Ainsi, lorsque l’annonce de la Quête de Brouillards et boussoles a parcouru les tavernes, l’oreille attentive vibre de l’appel de l’aventure.

Quel a été ce moment où l’on s’est dit « Non, je ne veux plus continuer ainsi », ou encore, « Et si j’empruntais un autre chemin ? » Y a-t-il eu des tentatives ? Des échecs ? Des renoncements ?

Des sages disaient « Les grandes victoires demandent de grandes défaites, car c’est là que l’on se transcende ». La Quête s’adresse aux héro·e·s. La vie nous a éprouvés, nous avons surmonté les obstacles et sommes passées à un niveau supérieur. Nous sommes des héro·e·s !

Alors, qu’a-t-on appris dans nos défaites ? Qu’est-ce qui fait que malgré tout, nous restons sur la route ? Comment a-t-on surmonté les obstacles ? Quelles ressources a-t-on mobilisées ? Comment s’est-on forgé après cela ?

Ce sont ces questions que pouvaient se poser les aventurières au pied de la Tour. La brume leur caressait le visage, la peau frissonnait, mais l’excitation réchauffait les cœurs.

Personne ne pouvait dire où la route les mènera. C’était l’inconnu qui leur faisait face, mais il semblait moult fois préférable à rester en place. Il y aura certainement de la sueur, des peurs, des larmes, mais il semble que l’aventure en vaille la chandelle. Alors, qu’attendaient-elles, qu’espéraient-elles ?

Elles durent répondre à ces questions, un peu plus tard, face à la Petite Vieille.

Pour l’instant, les Guides étaient arrivées. Elles avaient rejoint les aventurières rassemblées au pied de la Tour puis les avaient invités à emprunter les escaliers. « Bienvenue dans la Quête de Brouillards et boussoles ! Vous êtes à la Tour de contrôle. Si vous êtes ici c’est que vous avez répondu à l’appel de l’aventure, montons au sommet pour commencer le voyage ».

Au dernier étage, dans l’antichambre du Brouillard, on sentait l’air frais qui filait à travers les grandes ouvertures sans fenêtres, offrant un point de vue époustouflant, surplombe l’horizon. Dans un coin se tenait une personne d’un âge avancé, courbée et rieuse. La Petite Vieille.

« Bienvenues voyageuses. Alors, prêtes pour le voyage ? Ce ne sera pas si facile ! Mais pas impossible… Rare est l’impossible, croyez-en ma longue expérience ! Avant de commencer et de vous confier les artefacts de Brouillards et boussoles, vous devez répondre avec honnêteté à ma question : qu’espérez-vous trouver à l’issue de Brouillards et boussoles ? »

Les voyageuses sont d’abord déconcertées, puis donnent leurs réponses.

La Petite Vieille reprit « Sachez qu’il y autant de destinations que de voyageuses. Seul l’avenir vous donnera toutes les réponses. Ici, ce n’est pas l’arrivée qui compte, mais le chemin. Et vous êtes un groupe, vous vous entraiderez dans les épreuves et vous grandirez ensemble, sur la Voie du héro·e·s. Je vous remets le Carnet et la Carte, qui vous guideront dans l’aventure. » Elle s’effaça dans l’obscurité.

Après examen de la Carte, les voyageuses se tournent vers les Guides. Ces dernières prirent la parole.

« Cette carte montre le territoire de Brouillards et boussoles. Votre première mission sera de rapporter la plante singulière. Pour cela, vous devrez parcourir le champ des Fleurs-CV, puis le champ des Fleurs cachées, puis vous irez à la rencontre des racines animées pour finir aux Feuilles du savoir. Et c’est seulement avec cette plante que vous pourrez continuer l’aventure, vous rendre au Mur-Mémoire, affronter le monstre de la Caverne, partir en exploration, et vous préparez pour sortir du brouillard. Des questions ? C’est parti ! »

« Nous allons d’abord profiter de notre hauteur pour démêler ce qui nous entoure. Observez bien la brume autour de vous. C’est votre brouillard. Comment est-il ? Plutôt dense, éparse, humide, moite, sec ? Avec des vents circulaires, horizontaux ? Homogène, hétérogène ? Dans votre carnet, sur la page de la Tour de contrôle, dessiner votre brouillard dans la première case. Une fois que c’est fait, où vous situez-vous par rapport à ce brouillard. En plein milieu, plutôt devant, car une grosse partie est dépassée, devant vous… Dessinez-vous dans ce brouillard.

Maintenant que nous avons pu désépaissir ce brouillard, nous pouvons en traverser une partie et passer à la première épreuve.

La petite troupe descendit pour s’engager à travers les brumes et se retrouva face à d’immenses fleurs colorées. Elles agitaient leurs gigantesques pétales, comme des tentacules parfumés, dans un lent et régulier mouvement de haut en bas.

La Guide reprit.

« Je vous présente les Fleurs-CV. Elles aiment les histoires, en particulier les histoires sincères. Elles s’appellent CV qui vient du latin Curriculum Vitae, qui veut dire « déroulement de la vie ». Elles nous laisseront sortir de leurs territoires si nous leur racontons nos vécus. Elles veulent connaître votre parcours, d’où vous êtes parties, et comment vous êtes arrivées jusqu’ici. Et comme les enfants, elles aiment les histoires qui commencent par « Il était une fois ». C’est plus facile de parler de l’autre, donc nous vous proposons d’abord de raconter votre parcours à un partenaire, et il se chargera de retranscrire votre histoire en commençant par « Il était une fois ». Quand vous écoutez l’autre, portez attention aux apprentissages, aux transformations et à ce qui pétille dans l’histoire que vous écoutez. Nous nous retrouvons dans un instant.

Les voyageuses se regroupèrent alors par deux et commencèrent leurs histoires. Le groupe se réunit ensuite face aux fleurs géantes. Chacune, tour à tour, présentèrent leurs acolytes en commençant par « Il était une fois ». Une fois les différentes histoires terminées, un silence suspendu se fit entendre.

Puis un léger bruissement.

Et les pétales se levèrent ! Quasiment à la verticale, le passage était libéré, en un chemin tracé.

Au bout de quelques minutes de traversée des fleurs colorées, magnifiques, les voyageuses se retrouvèrent face à d’autres végétaux. Des fleurs encore, mais plus sombres, plus biscornues, l’air triste.

« Ce sont les fleurs cachées » entama l’une des Guides. « Elles aiment aussi se nourrir des vécus, mais personne ne leur prête vraiment attention. Elles sont moins reluisantes, moins spectaculaires, donc moins entretenues, moins aimées. Et elles en souffrent ! Ces fleurs ont réellement besoin d’amour. Et pour le leur donner, il faut que nous exprimions un amour que l’on ressent en nous-même, dans le sens des fleurs cachées. Aussi, nous allons réfléchir ensemble à toutes ces choses que nous savons faire, et qui font que l’on s’aime. Ce sont des choses de la vie de tous les jours. Et elles aimeront sentir que vous partagez les unes les autres ces choses-là ! Ainsi, si vous êtes concernées, vous vous levez, en disant « Moi aussi je sais faire » et à enchaîner « Et je sais aussi…. » Et nous notons toutes les informations sur une grande feuille. »

Les voyageuses s’attelèrent à la tâche.

Les Guides brandirent la grande feuille « Ô, fleurs cachées, regardez ces voyageuses qui vous font honneur ! Nous avons toutes appris quelque chose grâce à vous ». Les Guides invitèrent alors les aventurières à exprimer haut et fort une phrase sur leur ressenti par rapport à elles-mêmes, ce que l’on compris grâce aux fleurs cachées.

Cette fois-ci, dès la dernière phrase émise, le bruissement des pétales se fit si frénétique qu’un bourdonnement de plus en plus fort résonna dans le champ ! Les voyageuses s’accrochèrent les unes aux autres, s’attendant au pire. Mais du pire s’agissait simplement la joie des fleurs cachées d’être enfin reconnues, et les pétales se levèrent pour les laisser passer.

Exaltés et confiantes dans leurs capacités, les voyageuses continuèrent leur chemin.

Les pétales avaient été si grands que les aventurières avaient peu vu le ciel. Alors, quelle ne fut pas leur surprise, à l’orée du champ, de trouver ces gigantesques racines ! Comme si elles nourrissaient l’entièreté de cette étrange forêt.

Face à ces racines, les Guides présentèrent : « Vous devez ici réfléchir à ce qui vous ancre, ce qui constitue votre socle quand vous avez des choix à faire. Dans vos carnets se trouve une liste de 10 valeurs, que vous devez classer, en silence.

Les voyageuses s’affairèrent, baignées par la bienvenue quiétude des lieux. L’une d’elles prit la parole. « Les valeurs, que sont les valeurs ? Des mots ? Des images ? Des pensées ? À certains mots nous imaginons des idées, et si elles étaient différentes de notre voisine ? » « Cela n’a vraiment pas d’importance », répondit ferment l’une des Guides. « Vous savez, les mots sont des ponts et des prétextes pour que l’on se comprenne. Si le sens est clair et assumé pour vous, alors pour nous et les racines, ce le sera aussi. » Satisfaite de cette réponse, la trépidante continua son classement.

Arrivées à un résultat acceptable, les voyageuses partagèrent leurs choix, et les impressions que générer ce partage de choix. Les Guides sourirent, puis les interrompirent. « Et si vous ne deviez en garde que deux ? Une ? Est-ce que votre classement est toujours le même ? » « Placez alors 3 ou 4 valeurs fétiches sur les racines, et attendons la suite ! » Chacune ayant rempli son carnet, les valeurs posées, en une danse boisée, les racines se soulevèrent pour former un tunnel dans lequel s’enfoncèrent les voyageuses.

La marche fut assez longue, elles en profitèrent pour prendre des nouvelles, pour observer autour d’elles, se laisser inspirer, respirer, reprendre des forces.

Puis, comme dans une curieuse bibliothèque végétale, les voyageuses s’arrêtèrent à leur prochaine épreuve.

« Ceci est la dernière épreuve de la mission de la plante singulière »

Silence.

« Les feuilles du savoir vont vous éprouver pour savoir si vous êtes prêtes à grandir, à apprendre ». Vous devrez aller consulter chacune des zones des feuilles et vous mettre en action dans la voie qui est la vôtre. »

« Premièrement, vous devez décider d’un élément professionnel sur lequel vous souhaitez grandir. Nous la nommerons compétence, mais cela peut-être une connaissance à acquérir, une attitude à adopter, un savoir-faire à maîtriser, un élément à obtenir. Cela doit être quelque chose de singulier, caractérisé, concret, qui vous tient à cœur. » Elles invitèrent les voyageuses à le noter sur un bout de papier. Ensuite, vous devez visiter chacune des zones des Feuilles du savoir : le pichet, la lampe, le pot, le pollen. »

« Avec le pichet, il s’agit de voir comment vous pouvez arroser quotidiennement ces nouvelles compétences pour les entretenir, ce sont ces choses que vous pouvez réaliser régulièrement, à votre échelle, pour vous améliorer sur ce point ».

« Avec la lampe, c’est ce vous pouvez mettre en place et qui vient de l’extérieur, l’aide ou des mécanismes que vous pouvez solliciter pour que votre compétence grandisse par elle-même »

« Avec le pot c’est combien vous choisissez de fournir à votre nouvelle compétence pour lui apporter ce dont elle a besoin, ce sont les moyens que vous leur consacrez, en temps, en argent, en énergie, de manière réaliste et bienveillante. »

« Avec la corbeille, c’est comment vous allez récolter les fruits de ces nouvelles compétences, comment vous les mesurer et vous vous offrez des récompenses »

« Avec le pollen, c’est quels projets vont pouvoir fleurir grâce à ces compétences ».

Les voyageuses s’exécutèrent puis remplirent leurs carnets.

« Bravo ! Vous avez réussi le parcours des feuilles du savoir ! Maintenant, vous devriez avoir trouvé la Plante Singulière. »

Les voyageuses étaient mal à l’aise, dans l’incompréhension. Les deux Guides se regardèrent, complices.

« En fait, la Plante singulière est en vous. Vous l’avez dessiné, pas après pas, depuis le début de l’aventure ». Et les Guides expliquèrent comment révéler la Plante singulière.

« Vous vous en êtes bien tiré ! » « Nous allons maintenant nous restaurer à l’auberge, car l’aventure n’est pas finie. Nous venons d’en accomplir une belle partie, mais d’autres péripéties vous attendent. Ne vous inquiétez pas, nous sommes là pour vous aider ! »

– Fin de la partie 1 de l’Étape 1 –